Les droits humains au Collège Beckenham : six mois de collaboration

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Depuis maintenant six mois, le collège Beckenham de Rose-Hill (Ile Maurice) et DIS-MOI collaborent à un projet-pilote d’éducation aux droits humains dans les écoles mauriciennes. Les cours sont principalement menés par Fanirisoa Razanatovo, assistante de recherche volontaire et membre du secrétariat permanent. Voici le premier bilan de ce projet.

Le collège Beckenham a été fondé en 1985 par Fazul Codabux qui est toujours directeur de l’établissement. L’esprit qui anime l’enseignement à Beckenham est différent de la plupart des écoles comme l’explique M. Codabux :

Notre devise est : « L’école de la seconde chance». Nous ne nous adressons pas seulement à des élèves performants, mais aussi à tous ceux qui prennent plus de temps pour apprendre et qui réclament des attentions particulières. Nous donnons aux recalés du Certificate of Primary Education (CPE), aux malchanceux du School Certificate (SC) et du Higher School Certificate (HSC) la possibilité de refaire leurs parcours. Nous suivons le même curriculum que les autres collèges : c’est simplement la méthode d’enseignement qui diffère.

Je prône une éducation de qualité dont l’objectif n’est pas seulement de préparer un individu à entrer dans le monde du travail mais également de développer sa personnalité et son identité decitoyen de la République de Maurice pour qu’il devienneun modèle pour les autres quel que soit son futur parcours.

Notre collège est un établissement secondaire où prime la socialisation. Il faut apporter aux jeunes ce que les autres institutions et leurs familles ne peuvent pas leur proposer pour assurer leur développement de citoyen. Nous sommes là pour les guider et leur offrir les outils nécessaires à la vie en société. Notre établissement encourage aussi le multiculturalisme car nous sommes convaincus qu’il développe l’esprit de tolérance.

La collaboration avec DIS-MOI s’inscrit ainsi naturellement dans le projet éducatif du collège et Fazul Codabux affirme qu’il ne pouvait pas manquer l’occasion d’y participer.

Nous voulions apporter un changement au curriculum depuis fort longtemps pour nous éloigner de la monotonie des seuls cours académiques.

La collaboration avec DIS-MOI est un projet avant-gardiste et nous ne pouvions pas la refuser au point que nos responsables ont décidé de ne pas rendre optionnelle cette formation. Nos jeunes en sortiront gagnants.

Débutés en mars 2014 avec une quarantaine d’élèves, principalement des garçons âgés de 15 ans et plus, les cours ont eu lieu une fois par semaine pendant 1h30.

Nous avons délibérément choisi d’adopter une approche non-académique pour que les élèves se sentent à l’aise et prennent du plaisir à découvrir les droits humains. D’ailleurs, les jeunes ciblés parviennent beaucoup mieux à comprendre les droits humains à travers des activités qu’à travers des extraits littéraires et des discours. Nous avons donc organisé des activités, des jeux et une projection de film pour inciter tout le monde à participer. Un des jeux mis en place consistait par exemple à diviser les jeunes en 5 groupes de 8 élèves équipés chacun de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Chaque groupe jouait le rôle d’un pays nouvellement créé : il devait se choisir un nom et introduire des droits humains sur son territoire en expliquant pourquoi ces droits sont nécessaires au pays.

Les cours sont réellement interactifs : les élèves sont en permanence encouragés à réagir aux discussions sur les différents sujets abordés (droits des femmes, droits des handicapés, discrimination, respect envers leurs éducateurs et envers eux-mêmes etc.) et cela amène des résultats très positifs puisque les jeunes démontrent un réel intérêt à participer et qu’ils apprennent progressivement le contenu de la Déclaration Universelle des Droits Humains.

Au-delà du projet-pilote, DIS-MOI restera présent dans le collège grâce à la création d’un club de droits humains, une initiative qui sera étendue à d’autres établissements scolaires de l’Ile Maurice. Cette formation aux droits humains et à la citoyenneté sera aussi menée auprès d’autres élèves mauriciens : nous sommes en effet convaincus qu’elle leur apportera des outils précieux pour leurs vies personnelles et professionnelles.

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