Madagascar: DIS-MOI dénonce les violences exercées par les forces de l’ordre sur l’étudiant Jean-Pierre Randrianamboarina

Dis-Moi-Communique-presse

Quatre-Bornes, 3 septembre 2015 – L’association DIS-MOI (Droits Humains dans l’Océan Indien) est extrêmement préoccupée par le comportement des forces de l’ordre malgaches lors de manifestations estudiantines demandant la reprise des cours à l’université à l’université d’Ankatso (Antananarivo, Madagascar).

Des images filmées par la chaine de télévision Viva montrent l’étudiant Jean-Pierre Randrianamboarina, l’un des meneurs de la manifestation, être roué de coups de pied et de matraque par une dizaine de gendarmes alors qu’il est à terre dans l’enceinte de l’université. Il est ensuite tiré par les bras et les pieds et trainé sur plusieurs mètres avant d’être placé brutalement dans la benne arrière d’une voiture pick-up. Le jeune homme souffrirait depuis de multiples fractures et aurait des difficultés à marcher.

Contrairement à ce qu’ont déclaré certains membres des forces de l’ordre dans les médias, le traitement réservé à Jean-Pierre Randrianamboarina n’a rien de légal. « Dans l’exercice de ses fonctions, le policier ou le gendarme peut être amené à faire usage de la force mais il doit respecter des paramètres précis et utiliser une force proportionnelle à celle engagée par ceux qui enfreignent la loi et à la situation » rappelle Lindley Couronne, directeur de DIS-MOI. « Son rôle se cantonne à arrêter celui ou celle qui enfreint les règles de droit ou menace la paix et l’ordre public. Ce n’est pas lui qui décide des sanctions à appliquer. Même le pire des criminels doit être arrêté sans violence s’il ne résiste pas à son arrestation. » Ces principes sont garantis par des textes et conventions signés par Madagascar, notamment la Convention des Nations Unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ratifiée par l’Etat malgache en 2005. Quelles que soient les accusations portées contre Jean-Pierre Randrianamboarina, rien ne justifie l’usage d’une violence aussi disproportionnée à l’encontre d’un étudiant isolé, à terre et désarmé.

Les autorités malgaches doivent rapidement ouvrir une enquête publique et transparente sur ces événements. Même si des poursuites sont engagées contre des manifestants accusés de troubles à l’ordre public, il est crucial que les gendarmes ayant commis des violences soient eux aussi sanctionnés. Les autorités doivent d’autre part s’assurer que les forces de l’ordre sont correctement formées au respect des droits humains et connaissent les limites légales de l’usage de la force.

Les policiers et gendarmes sont les premiers défenseurs des droits humains : leur travail de protection et d’enquête doit garantir à chaque citoyen le respect de ses droits et de sa sécurité. Lorsque les forces de l’ordre commettent des brutalités et des tortures, c’est la société toute entière qui est menacée. Les autorités malgaches ne doivent montrer aucune tolérance face à ces comportements.

Fondée en 2012 à l’Ile Maurice, DIS-MOI (Droits humains-Océan Indien) est une organisation non-gouvernementale qui a pour mission de promouvoir la culture des droits humains dans les îles du Sud-Ouest de l’océan Indien, notamment les Seychelles, Maurice, Rodrigues, Madagascar et les Comores. Pour plus d’informations, contactez notre secrétariat par téléphone +230 5440 4501 ou info@dismoi.org et visitez notre site web http://www.dismoi.org.

4 comments

  • Ce que je comprends pas ,pourquoi le gouvernement Malgache ne se manifeste pas par cette brutalité atroce ? Et pourquoi cette brutalité ne doit pas envoyer par la pétition à l’aide de notre signature à l’échelle mondial ? C’est trop ,c’est trop .Inhumain.

    • Bonjour,
      Effectivement, nous attendons une prise de position claire du gouvernement malgache. N’hésitez pas à partager ce communiqué avec votre réseau pour lui donner plus de poids. Si vous souhaitez lancer une action de pétition, vous pouvez vous appuyer sur des plateformes comme Avaaz ou Change.org. N’hésitez pas à nous transmettre le lien de votre pétition ou à nous contacter si vous souhaitez de l’aide pour rédiger votre pétition.
      Cordialement,
      Alexandra.

  • Je ne suis d’accord sur la réaction des gendarmes en nombre d’une dizaine pour abattre un étudiant sans arme et a terre, qui n’est pas un bandit mais plutôt un étudiant revendiquant son droit.
    La semaine dernière à Vohemaro, un jeune collecteur de la vanille vient de decaisser une somme assez importante de la banque, le soir même il a été attaqué par des brigands armé d’une arme militaire appartenant a un gendarme du local. Le jeune homme père de quelques enfants a laissé sa peau.

    • Bonjour,
      Merci pour votre commentaire. En effet, les gendarmes ne doivent pas s’en prendre à un étudiant désarmé et à terre. Comme le dit Lindley Couronne dans ce communiqué, ils ne doivent pas non plus commettre de violence sur un bandit si celui-ci se rend sans résister. Dans un état démocratique, les droits sont les mêmes pour tous.
      Concernant votre second message, le trafic d’armes à Madagascar est effectivement un problème préoccupant de plus en plus rapporté par les journaux et les enquêteurs.
      Cordialement,
      Alexandra.

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