Réseau CUT: DIS-MOI prend position sur les questions de santé des usagers de drogue

DIS-MOI rejoint le réseau CUT (Collectif Urgence Toxida) composé de plusieurs autres ONGs, et soutient sa campagne contre la suppression des programmes de réduction des risques tels que le traitement par méthadone et le programme d’échange de seringues.

Les droits humains sont universels, s’appliquent à tous quelque soit leurs modes de vie ou leurs choix de santé, et il est important de faire connaitre l’impact qu’aurait la suppression du programme actuel sur la vie et la santé des usagers de drogues. Grâce aux Programmes de Réduction des risques, beaucoup d’effets positifs ont été noté auprès des bénéficiaires, ce qui a aussi profité à la société en général :

  • Il y a eu une baisse de plus de 60% du taux d’incidence du VIH (virus responsable du SIDA) chez ceux qui s’injectent des drogues à Maurice.
  • Plusieurs bénéficiaires du traitement de la méthadone sont originaires des poches de pauvreté du pays. Ce programme a aidé beaucoup de famille à améliorer leur vie sociale, professionnelle et familiale.
  • Le programme de substitution à la méthadone a contribué à rendre la qualité de vie et l’estime de soi des utilisateurs meilleures.
  • Une baisse de 60% du taux de criminalité a été observée de 2007 à 2012.

Malheureusement, depuis le début de l’année, ces programmes de Réduction des risques ont été sérieusement entravés. Le programme a connu une décentralisation et le Ministre de la Santé a annoncé durant une conférence de presse que ce programme serait éliminé petit à petit. De plus, une des requêtes du Ministre de la Santé qui consiste à demander aux ONGs qui travaillent avec ce programme de donner les noms et les numéros de carte d’identité des bénéficiaires du programme est contraire aux recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) puisqu’il en va de la confidentialité des bénéficiaires et de la légitimité de l’ONG en question.

Il n’y a désormais plus de nouvelles inscriptions au programme de substitution de méthadone. En prison aussi, ce programme a été interrompu alors qu’une personne sur 5 y est atteinte du VIH. Les personnes qui veulent s’inscrire au programme de substitution à la méthadone seront désormais sélectionnées et nous ne savons pas encore le critère de sélection.

Les ONGs du réseau émettent six recommandations :

  • Application d’un système de code sur tous les services de Programme d’Échange de Seringeus, y compris les services PES gouvernementaux, en ligne avec les recommandations de l’OMS/ONUDC/ONUSIDA , afin de protéger l’identité des utilisateurs du service.
  • Réouverture de l’inscription des personnes qui s’injectent des drogues aux programmes de substitution à la
    méthadone.
  • Mettre l’accent sur un programme de désintoxication pour les personnes qui utilisent la méthadone, et qui prennent d’eux-mêmes une décision éclairée de cesser le programme.
  • Réorganisation des services de méthadone, conformément aux recommandations faites par des consultants externes pour le programme local, notamment le groupe Australien Aids Project Management Group en 2012, et l’adapter aux nouveaux défis
  • Création d’un comité multisectoriel pour appliquer le programme de Réduction des Risques, où la société civile et les utilisateurs des programmes seront inclus
  • Introduction d’un Plan national sur les Drogues, où la société civile sera incluse, comme cela a été le cas pour le Plan national de Lutte contre le Sida.

La fin de ce programme constitue un vrai recul dans les méthodes de lutte contre la drogue et pour les droits des personnes toxicomanes. Pour en savoir plus, vous pouvez aussi lire nos pages du Défi Quotidien le 1er août 2015 (version PDF disponible ici).

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